Conjoncture Flash Août 2014

Zone euro: un 2 ème trimestre décevant Le 2 ème trimestre 2014 a été marqué par une évolution du PIB de la zone euro inférieure aux attentes. Celui-ci a stagné, en raison notamment des contre-performances des trois pre- mières économies de la zone. Pour 2014 dans son ensemble, la croissance ne devrait ainsi pas dépasser 1%, en deçà de la trajectoire prévue au printemps dernier. Des résultats décevants pour les "grands" de la zone euro Selon l'estimation préliminaire réalisée par Eurostat, le PIB de la zone euro a stagné au cours du 2 ème trimestre 2014, un résultat pour le moins décevant par rapport à ce que pou- vaient laisser entrevoir différentes enquêtes de conjoncture. Au fur et à mesure de la publication des statistiques de pro- duction dans l'industrie et la construction des mois de prin- temps – avec des chiffres en général inférieurs aux attentes – l'impression d'essoufflement s'était néanmoins progressive- ment installée. L'évolution du PIB des grandes économies de la zone euro a été particulièrement décevante: -0.2% en Allemagne et en Italie, et une stagnation en France (pour le 2 ème trimestre con- sécutif). Des effets de rattrapage négatifs étaient certes at- tendus, notamment en Allemagne, après un premier trimestre ayant bénéficié de conditions climatiques particulièrement favorables au secteur de la construction. D'autres facteurs à caractère technique peuvent être évoqués, comme par exemple le fait que le mois de mai a donné lieu à davantage de possibilités de congés cette année. Mais ces effets ne sont pas suffisants pour justifier l'ampleur de la correction. Il fait peu de doutes que le contexte international, avec des tensions géopolitiques croissantes en Europe de l'Est (Ukraine/Russie) et au Moyen-Orient, a également perturbé le climat conjoncturel. Ces facteurs extérieurs ne se sont pas forcément répercutés trop fortement sur les exportations de la zone euro. En Allemagne par exemple, les exportations vers la Russie ont baissé de quelque 15% sur un an au cours des 5 premiers mois de l'année (un mouvement qui pourrait s'amplifier avec l'embargo décrété début août par la Russie sur les produits alimentaires européens), mais celles-ci ne représentent que 3% environ du total des exportations alle- mandes. Il est en revanche possible que l'investissement soit davantage affecté par ces évènements et le climat d'incerti- tude qu'ils entretiennent. On observe d'ailleurs un repli conti- nu du sentiment des investisseurs allemands (relevé via l'en- quête du ZEW) depuis février 2014 et celui-ci vient de repas- ser sous sa moyenne de long terme en juillet. Zone euro - PIB en volume Source: EUROSTAT Dans d'autres Etats-membres, les résultats ont positivement surpris, notamment en Espagne (+0.6% sur un trimestre), au Portugal (+0.6%) et aux Pays-Bas (+0.5%), même si un cer- tain rebond technique était attendu pour ces deux derniers. Vers une croissance inférieure à 1% sur l'ensemble de 2014 Sur base de ces résultats, la zone euro se retrouve avec un acquis de croissance pour 2014 de seulement 0.6% à l'issue du 1 er semestre. La prévision de croissance de 1.2% en 2014, formulée par la Commission européenne au printemps, appa- raît dans ces conditions inatteignable. Il faudrait pour cela une progression d'au moins 0.8% par trimestre sur les deux pro- chains trimestres, un objectif irréaliste dans les conditions actuelles. En effet, si les enquêtes de conjoncture disponibles jusqu'en juillet ne montrent pas d'affaissement marqué de la confiance mais plutôt une certaine stabilisation – et ce tant du côté des entreprises que des ménages de l'ensemble de la zone euro – elles ne permettent pas de tabler sur une accélé- ration significative de la croissance. Les marchés financiers européens ont été par ailleurs assez lourdement impactés à la baisse depuis l'été (-10% environ sur l'indice Eurostoxx50 entre le début juillet et le début août), ce qui ne constitue ja- mais un signal conjoncturel encourageant. Compte tenu de ces éléments, la progression du PIB de la zone euro devrait s'inscrire en deçà de 1% cette année. -1.5 -1.0 -0.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 10 T1 10 T2 10 T3 10 T4 11 T1 11 T2 11 T3 11 T4 12 T1 12 T2 12 T3 12 T4 13 T1 13 T2 13 T3 13 T4 14 T1 14 T2 En % Variation trimestrielle Variation annuelle

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