Les entrepreneurs luxembourgeois font preuve de résilience face à une incertitude mondiale croissante
Selon le Global Entrepreneurship Monitor (GEM) Luxembourg 2025/2026, l’activité entrepreneuriale est restée globalement stable en 2025 malgré un environnement économique de plus en plus incertain. Si l’activité entrepreneuriale en phase de démarrage affiche une légère baisse par rapport à 2024, les intentions entrepreneuriales restent parmi les plus élevées d’Europe. Dans le même temps, les entrepreneurs font part de préoccupations croissantes concernant l’accès au financement et l’environnement commercial mondial.
En 2025, la part des résidents activement impliqués dans une nouvelle entreprise a diminué, passant de 9.9% en 2024 à 9.4%. La part des entrepreneurs en phase de démarrage (TEA) est plus faible au Luxembourg que dans les autres pays européens (-0.9 point de pourcentage) en 2025, mais reste proche de son niveau de long terme (voir Graphique 1). « La peur de l’échec » reste faible et confirme la baisse enregistrée l’année dernière. 42% des personnes interrogées qui perçoivent de bonnes opportunités commerciales hésitent à créer une entreprise par crainte de l’échec. Malgré cela, certains défis se profilent à l’horizon. 36% des entrepreneurs en phase de démarrage s’attendent à une croissance plus faible de leur entreprise, ce qui représente l’un des taux les plus élevés parmi les pays observés.
Grahique 1 : Taux total d’activité entrepreneuriale en phase de démarrage (% de la population).
Source : Rapport GEM 2025-2026
Les entrepreneurs luxembourgeois continuent de considérer l’IA comme un élément stratégique pour leur entreprise, tandis que leur perception des risques et des avantages de l’IA évolue
L’intelligence artificielle (IA) est considérée comme très importante par un tiers des entrepreneurs. 32% des entrepreneurs en phase de démarrage estiment que l’IA est très importante pour leur modèle économique et leur stratégie, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne européenne de 30%.
Alors que la part du Luxembourg reste globalement stable (34% en 2024), la moyenne européenne est passée de 22% à 30%. Par conséquent, le Luxembourg n’occupe plus la première place pour cet indicateur, même s’il reste au-dessus de la moyenne européenne.
Les avantages et les risques perçus liés à l’adoption de l’IA évoluent. La part d’entrepreneurs s’attendant à ce que l’IA ait un fort impact positif sur la croissance de leur entreprise s’élève à 24%, contre 47% enregistrés précédemment. Parallèlement, 45 % des entrepreneurs en phase de démarrage (TEA – Total early-stage Entrepreneurial Activity) ont état de préoccupations liées à la sécurité et à la confidentialité des données, contre un précédent record de 58%.
Les entrepreneurs luxembourgeois restent engagés en faveur du développement durable, bien que leur position de leader sur les indicateurs de développement durable se soit affaiblie en 2025
La proportion d’entrepreneurs en phase de démarrage déclarant mettre en œuvre des mesures visant à maximiser leur impact social passe de 56%, enregistrés en 2024, à 45%, tandis que celle de ceux déclarant mettre en œuvre des mesures visant à minimiser leur impact environnemental passe de 61% à 53%. En conséquence, le Luxembourg ne figure plus parmi les pays les plus performants pour ces indicateurs. Néanmoins, les entrepreneurs en phase de démarrage au Luxembourg continuent d’afficher des niveaux de durabilité sociale et environnementale supérieurs à la moyenne européenne de 2025 (respectivement 44.6% et 52.1% pour ces deux indicateurs).
L’accès au financement devient le principal obstacle
L’enquête de 2025 met en évidence une augmentation marquée des contraintes de financement. 52% des entrepreneurs en phase de démarrage font état de difficultés d’accès au financement. Cela fait de la disponibilité des fonds l’un des principaux obstacles à la création d’entreprise, au même titre que le coût des locaux (57%) et l’accès à une main-d’œuvre qualifiée (48%).
Un nouveau module du questionnaire GEM Luxembourg montre également que les entrepreneurs s’appuient principalement sur leur épargne personnelle, suivie de la famille, des amis et d’autres sources de financement informelles, tandis que le financement externe formel joue un rôle relativement limité au cours des premières étapes de la création d’entreprise (voir Graphique 2).
Graphique 2 : Part des entrepreneurs TEA ayant eu recours à cette source de financement (% des TEA)
Source : Rapport GEM 2025 2026
L’incertitude mondiale pèse sur les entrepreneurs
Pour la première fois, le rapport GEM Luxembourg s’intéresse à la perception qu’ont les entrepreneurs des récentes évolutions en matière de commerce international et de politiques migratoires.
Les entrepreneurs s’attendent à ce que les changements récents de l’environnement international entraînent une hausse des coûts de production, réduisent les possibilités de financement et rendent l’accès aux marchés étrangers plus difficile. 40% des entrepreneurs en phase de démarrage s’attendent à une aggravation des coûts de production, tandis que seuls 20% anticipent une amélioration (voir Graphique 3). Ces préoccupations sont particulièrement marquées chez les entrepreneurs dont le marché d’exportation se situe en dehors de l’Union européenne.
Graphique 3 : Impact attendu des changements dans les politiques commerciales, tarifaires et migratoires sur les conditions d’activité (en % des TEA)
Source : Rapport GEM 2025- 2026
Caractéristiques des entrepreneurs au Luxembourg
Nécessité : le Luxembourg affiche un taux d’entrepreneuriat motivé par la nécessité nettement inférieur à la moyenne (36% des entrepreneurs luxembourgeois déclarent avoir créé leur entreprise en raison d’un manque d’emplois disponibles, contre une moyenne de 58% dans l’UE).
L'écart entre les sexes en matière d'entrepreneuriat se réduit mais persiste : tout au long de la période observée, le GEM a systématiquement montré que les femmes ont une moindre propension à se lancer dans l'entrepreneuriat. En 2025, la part des femmes entrepreneurs était de 7.2% contre 11.5% pour les hommes, alors qu'en 2024, elle s'élevait à 6.5% pour les femmes contre 13.3% pour les hommes.
Les immigrés ont davantage tendance à se lancer dans l'entrepreneuriat : 10.5% d'entre eux exercent une activité relevant de la catégorie TEA, contre 7.5% des natifs.
À propos du Global Entrepreneurship Monitor
L'initiative Global Entrepreneurship Monitor (GEM) est un programme de recherche international axé sur l'entrepreneuriat lancé en 1999. Depuis 2013, le STATEC, en collaboration avec le Ministère de l'Economie et la Chambre de Commerce, mène une enquête spécifique auprès de 2.000 résidents âgés de 18 à 64 ans. Le GEM a fourni des informations précieuses sur l'intensité et l'évolution des activités entrepreneuriales, les profils des entrepreneurs et les défis auxquels ils sont confrontés. Le GEM recueille et analyse des données pour :
- Mieux comprendre l'esprit d'entreprise et son lien avec la performance économique des pays ;
- Évaluer les preuves des liens entre l'esprit d'entreprise et la croissance ;
- Fournir les informations nécessaires pour soutenir les actions politiques.
Le rapport 2025/2026 du Global Entrepreneurship Monitor (GEM) sur le Luxembourg a été présenté le 2 juillet 2026 au STATEC, 12, boulevard du Jazz, L-4370 Belvaux, Luxembourg.
Infographie: Principaux résultats 2025/2026
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Cette publication a été réalisée par le département Recherche du STATEC sous la direction de Cesare A.F. Riillo.
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