Prévision d’inflation : 1.8% pour 2026 et 2027
Au début de l'année 2026, la baisse des prix de l'énergie a considérablement freiné le taux d'inflation par rapport au dernier trimestre 2025. Tandis que les mesures gouvernementales font reculer les prix de l'électricité en 2026, la baisse des prix du pétrole et du gaz sur les marchés internationaux devrait maintenir l'inflation des produits pétroliers à un faible niveau jusqu'en 2027 inclus. Le STATEC table ainsi sur une inflation de 1.8% pour cette année et pour 2027. La prochaine tranche indiciaire est prévue pour le 2e trimestre 2026, suivie d’une nouvelle tranche au 3e trimestre 2027.
Taux d’inflation annuel et contributions
Source : STATEC (prévisions du 09/02/2026)
L’inflation devrait tomber sous les 2% au Luxembourg en 2026
Si le renforcement des effets de base positifs des produits énergétiques avait nettement stimulé l'inflation au cours des derniers mois de 2025 (l'énergie contribuant à elle seule à hauteur de 0.9 point de pourcentage à l'inflation annuelle en décembre 2025), la baisse simultanée des prix de l’électricité et des produits pétroliers a contribué à réduire de plus de moitié l'inflation annuelle en janvier, la ramenant à 1.3%.
Ces effets de base négatifs liés à la composante énergétique devraient contribuer au freinage de l'inflation jusqu'en 2027 inclus, et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, la contribution gouvernementale aux prix de l'électricité[1] permettrait une réduction durable des prix pour les particuliers aussi bien en 2026 (-10%) qu’en 2027 (-7%). Deuxièmement, les prix du pétrole brut devraient continuer à baisser en 2026 (de -14%, à 60 USD/baril) et en 2027 (de -6%, à 56 USD/baril) du fait d’un excès d’offre au niveau mondial, compensant ainsi le potentiel impact inflationniste de tensions géopolitiques sur les chaînes d'approvisionnement[2]. Par ailleurs, la facture pétrolière de l’Europe devrait bénéficier de l’appréciation de l’euro vis-à-vis du dollar américain. Enfin, la baisse des prix du gaz sur les marchés futurs se répercuterait sur les tarifs au Luxembourg en 2026 (-10%) et en 2027 (-5%). Les prix de l’énergie au Grand-Duché reculeraient ainsi de 6.3% en 2026 et de 3.5% en 2027.
Les projections d’Oxford Economics de janvier 2026, qui alimentent la prévision actuelle du STATEC, intègrent plusieurs pressions haussières et révisent l’inflation en zone euro pour 2026 de 1.5% à 1.7%. Dans ce contexte, l’inflation sous-jacente au Luxembourg devrait demeurer élevée en 2026 (2.2%), sous l’effet notamment d’une hausse attendue des prix des produits alimentaires et de l’inflation des services. Des conditions météorologiques défavorables, combinées à des facteurs structurels du côté de l’offre, constituent un risque haussier pour l’inflation alimentaire, que le STATEC anticipe à 2.8% en 2026, puis à 2.4% en 2027. Par ailleurs, l’inflation des services atteindrait 3.1% en 2026, avant de se modérer à 2.8% en 2027. Dans l’ensemble, l’inflation totale au Luxembourg serait de 1.8% en 2026 et conserverait ce niveau en 2027. Selon ces prévisions (qui constituent le scénario central du STATEC), la prochaine indexation des salaires s’appliquerait au 2e trimestre 2026, suivie d’une nouvelle tranche au 3e trimestre 2027.
[1] Les mesures incluent une contribution étatique aux coûts d’utilisation des réseaux ainsi qu’une contribution au système du mécanisme de compensation pour les années 2026 et 2027.
[2] Les tensions géopolitiques qui risquent de peser sur l'approvisionnement comprennent les menaces des Etats-Unis contre l'Iran, les événements récents au Venezuela, la prolongation des sanctions contre la Russie et les troubles au Moyen-Orient. Cependant, aucun de ces événements ne devrait finalement changer la situation globale, le marché pétrolier étant en excédent durable.
Prévisions selon des hypothèses alternatives sur les prix de l’énergie
Source : STATEC (prévisions du 09/02/2026)
* Au Luxembourg, l’inflation sous-jacente inclut le prix de l’électricité.
** Ces prévisions intègrent une majoration de la taxe CO2 de 5 EUR / tCO2e en 2026 et 2027.
*** Prix moyens TTC pour un client résidentiel au Luxembourg avec une consommation annuelle de 2 426 m3 de gaz et 3 901 kWh d’électricité. Ces prix sont calculés en supposant, à partir des hypothèses du ministère de l'Économie, pour l’électricité : pour 2026 et 2027, un retour de la contribution au mécanisme de compensation à -0.001 EUR / kWh ainsi qu’une baisse des tarifs d’utilisation du réseau d’environ 35% en 2026 par rapport à 2025.
Deux scénarios alternatifs de prix énergétiques
Deux scénarios alternatifs sont établis à partir des déviations historiques sur les marchés de l’énergie de l’électricité, du gaz et du prix du pétrole Brent (ce dernier se répercutant sur les prix des carburants et du mazout de chauffage). Tenant compte des mesures en place (et notamment d’un prix identique dans les différents scénarios pour l’électricité en 2026), les scénarios haut et bas pour l’électricité ne divergent que marginalement pour l’année 2027 et connaîtraient des baisses de respectivement 6% et 8%.
Le scénario haut sur le prix du Brent intègre les risques haussiers liés à la résurgence des tensions géopolitiques, aux perturbations éventuelles de l'approvisionnement, ainsi qu'à une demande mondiale plus forte que prévu, le prix du Brent augmentant de 11% en 2026 et de 13% en 2027. À l'inverse, le scénario bas reflète une offre mondiale excédentaire persistante, une croissance continue de la production hors OPEP et une demande plus faible dans un environnement macroéconomique mondial morose, aggravées par les effets à long terme de la transition énergétique, le prix du Brent chutant fortement en 2026 (-27%) et 2027 (-19%).
Des développements récents soulignent d'importantes asymétries pour les prix du gaz. Les risques à la hausse proviennent des faibles niveaux de stockage en Europe — récemment signalés comme étant à leur plus bas niveau saisonnier depuis plusieurs années — et des équilibres serrés suite à des retraits hivernaux plus rapides, qui, s'ils sont aggravés par des conditions météorologiques exceptionnellement froides ou de nouvelles interruptions d'approvisionnement (comme les perturbations de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) américain pendant les périodes de froid extrême en janvier), pourraient pousser les prix du gaz bien au-dessus de leur niveau de référence. La dépendance continue à l'égard du GNL américain, qui représente désormais une part importante des importations européennes (environ 27% en 2025), crée une vulnérabilité à la volatilité des exportations US. Dans le scénario haut, le prix du gaz connaîtrait une hausse de 4% en 2026 et 2027 (contre respectivement -10% et -5% dans le scénario central). En revanche, dans le scénario bas, le prix du gaz diminuerait en 2026 et 2027 de respectivement 14% et 10%.
Dans le scénario haut, où l’inflation s’établirait à 2.5% en 2026 et à 2.4% en 2027, la prochaine tranche indiciaire interviendrait au 2e trimestre 2026, avec une nouvelle tranche un an plus tard. Le scénario bas, dans lequel l’inflation se dessinerait à 1.4% en 2026 et 2027, anticipe une indexation seulement au 3e trimestre 2026.
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Cette publication a été réalisée par Jill Schaul et Gabriel Gomes.
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