Analyses 02/26 - Projections démographiques du Luxembourg :
Vers un million d'habitants d'ici 2070
Ce rapport présente une mise à jour des projections démographiques et économiques de long terme du Luxembourg à l’horizon 2070, fondée sur un modèle éco-démographique intégrant explicitement les interactions entre productivité, salaires, migrations, population, emploi et croissance économique.
Par rapport à la publication de référence du STATEC de 2017, la principale évolution méthodologique consiste à endogénéiser la croissance du PIB potentiel. La productivité devient le paramètre central des scénarios, tandis que le PIB potentiel résulte des dynamiques d’emploi, de population et d’heures travaillées.
Les projections montrent que la population du Luxembourg continuerait de croître au cours des prochaines décennies, pour atteindre entre environ 940 000 et 1 070 000 habitants en 2070 selon les scénarios. Toutefois, cette croissance serait nettement plus modérée que celle observée depuis le début des années 2000, avec un rythme d’accroissement annuel passant durablement sous 1% à partir des années 2040.
À long terme, la dynamique démographique reposerait presque exclusivement sur le solde migratoire. Le solde naturel deviendrait négatif à partir du milieu du siècle dans tous les scénarios, soulignant le rôle structurel de l’immigration dans la croissance démographique luxembourgeoise.
Le vieillissement de la population constituerait une tendance majeure et inévitable. La population âgée de 65 ans et plus verrait son effectif presque tripler entre 2025 et 2070, portant le ratio de dépendance démographique des personnes âgées à un niveau compris entre 49% et 58% selon les scénarios.
Sur le plan économique, les trajectoires de long terme diffèrent sensiblement en fonction des hypothèses de productivité totale des facteurs et d’investissement. Les scénarios de forte productivité se traduisent par une croissance économique plus soutenue, des salaires relatifs plus attractifs et un solde migratoire plus élevé.
Les analyses de sensibilité confirment que les hypothèses migratoires constituent le principal déterminant des trajectoires économiques et démographiques de long terme. À l’inverse, les variantes portant sur la fécondité et la mortalité n’ont qu’un impact limité sur la croissance potentielle à l’horizon considéré.
Ces projections ne constituent pas des prévisions mais des trajectoires conditionnelles destinées à éclairer le débat public et les choix de politique économique à long terme.
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