Projections démographiques du Luxembourg : vers un million d’habitants d’ici 2070
Le Luxembourg continue de grandir. Selon les nouvelles projections démographiques publiées par le STATEC, la population du pays pourrait avoisiner le cap du million d’habitants à l’horizon 2070. À l’occasion de la publication des projections démographiques européennes, le STATEC dévoile quatre scénarios d’évolution de la population.
Points clés
- La population du Luxembourg pourrait avoisiner le million d’habitants d’ici 2070, selon les projections du STATEC (944 000 dans le scénario bas, plus d’un million dans les scénarios élevés) ainsi que celles d’EUROSTAT (962 500).
- Eurostat anticipe une phase de croissance démographique soutenue jusqu’au milieu du siècle avant un ralentissement progressif, une trajectoire comparable aux scénarios de faible productivité du STATEC.
- Les projections du STATEC se distinguent par leur sous-jacent économique. Là où Eurostat projette les flux migratoires en prolongeant les tendances passées, le STATEC les relie directement aux fondamentaux de l’économie luxembourgeoise : plus la croissance et les salaires sont attractifs par rapport aux pays voisins, plus le solde migratoire est élevé.
- La migration resterait le principal moteur de la croissance démographique luxembourgeoise sur l’horizon de prévision ; elle a contribué à environ 80% de l’augmentation de la population au cours des dernières décennies.
Informations complémentaires
- Communiqué de presse - version imprimable (Pdf, 740 Ko)
- Présentation séminaire du 13/05/2026 (5,15 Mo)
Graphique 1 : Évolution de la population
Sources : STATEC, Eurostat
Note de lecture : Note de lecture : « Observé + Projections à moyen-terme » correspond aux données observées ainsi qu’à celles issues des projections du STATEC publiées le 24 février 2026. Les scénarios 1 à 4 sont ceux du STATEC tandis qu’EUROPOP2025 correspond à la projection d’EUROSTAT
Une croissance démographique soutenue, mais qui pourrait ralentir
Au Luxembourg, croissance économique et croissance démographique sont étroitement liées. Le modèle du STATEC reflète cette réalité : le solde migratoire y est déterminé en fonction de l'attractivité relative des revenus luxembourgeois par rapport aux pays voisins, elle-même pilotée par les gains de productivité. Sur cette base, quatre scénarios sont présentés, allant du plus pessimiste (scénario 1, faible productivité) au plus optimiste (scénario 4, forte productivité). En 2070, la population atteindrait 944 000 habitants dans le scénario 1, 966 000 dans le scénario 2, 1 022 000 dans le scénario 3 et 1 067 000 dans le scénario 4. La population est actuellement d’environ 691 000 habitants au 31 décembre 2025.
Sur la période allant d’aujourd’hui jusqu’au milieu du siècle, l’ensemble des projections, qu’elles proviennent du STATEC ou d’EUROSTAT, indiquent une phase de croissance démographique. La dynamique diverge à partir du milieu des années 2050. Dans les projections du STATEC, la population continue de croître dans les scénarios de productivité plus élevée pour dépasser le million d’habitants en 2070 (scénarios 3 et 4). Dans les scénarios plus pessimistes (scénarios 1 et 2), la trajectoire reste très proche de celle projetée par EUROSTAT. En effet, Eurostat anticipe une quasi-stagnation de la population à partir du milieu des années 2050 et la population atteindrait les 962 500 personnes en 2070 (avec une dynamique presque identique à celle du scénario 2 du STATEC).
Graphique 2 : Évolution du solde migratoire
Sources : STATEC, Eurostat
Note de lecture : « Observé + Prév. MT » correspond aux données observées ainsi qu’à celles issues des projections de moyen-terme du STATEC publiées le 24 février 2026. Les scénarios 1 à 4 sont ceux du STATEC tandis qu’EUROPOP2025 correspond au projection d’EUROSTAT.
La migration, principal moteur de la croissance démographique
Les différences observées entre les résultats du STATEC et ceux d’EUROSTAT sont expliquées principalement par la projection du solde migratoire (bien que de légères différences soient aussi observées pour la fécondité et la mortalité), pour lequel les deux institutions suivent des approches fondamentalement différentes. EUROSTAT adopte une approche basée sur les tendances passées : le solde migratoire est estimé à partir de la moyenne des flux observés au cours des dix dernières années, ajustée vers une valeur de long terme commune à l’ensemble des pays de l’UE. Cette méthode, robuste pour des pays à démographie « standard », ne capture pas le lien étroit qui existe au Luxembourg entre conjoncture économique et flux migratoires : elle peut conduire à des révisions lorsque les années récentes de référence sont inhabituelles (comme lors des années COVID ou de forte croissance). Le STATEC intègre au contraire le solde migratoire dans son modèle éco-démographique : les flux de travailleurs étrangers répondent à l’attractivité relative des revenus luxembourgeois, elle-même déterminée par les gains de productivité par rapport aux pays voisins. Cette approche ancre les projections migratoires dans des fondamentaux économiques et les rend moins sensibles aux chocs ponctuels, ce qui se traduit par une plus grande stabilité des prévisions d’une publication à l’autre. Dans les scénarios du STATEC, le solde migratoire se situerait entre 3 300 et 7 500 personnes en 2070, selon le scénario retenu. La projection d'EUROSTAT suit une trajectoire intermédiaire : après un pic d'environ 10 000 personnes en 2031, le solde diminuerait progressivement pour atteindre un peu plus de 3 000 personnes en 2070, un niveau proche du scénario bas du STATEC. |
Graphique 3 : Projection de la fécondité
Sources : STATEC, Eurostat
Une fécondité en légère hausse, mais loin du seuil de remplacement
En matière de fécondité, le STATEC est un peu plus optimiste qu’EUROSTAT, comme le montre le graphique 3. EUROSTAT prévoit dans un premier temps une légère diminution de l’Indice Conjoncturel de Fécondité (ICF), passant de 1.25 en 2024 à 1.21 en 2026, avant un redressement progressif. Le STATEC, quant à lui, anticipe une augmentation graduelle de l’ICF dès 2025, qui atteindrait 1.50 enfant par femme en 2070 (contre 1.41 pour EUROSTAT). Malgré cet écart, les deux institutions s’accordent sur le fait que le Luxembourg resterait en dessous du seuil de remplacement des générations (2.1 enfants par femme) sur toute la période de projection.
Graphique 4 : Espérance de vie à la naissance
Sources : STATEC, Eurostat
Vers une espérance de vie de près de 90 ans en 2070
Les hypothèses de mortalité sont en revanche relativement proches, comme le montre l’évolution de l’espérance de vie à la naissance.
En 2070, l’espérance de vie à la naissance des femmes serait de 90.3 ans pour le STATEC et de 89.9 ans pour EUROSTAT. Pour les hommes, elle s’élèverait à 86.7 ans pour le STATEC et 86.0 ans pour EUROSTAT. Ces écarts modestes (à peine 0.4 à 0.7 an selon le sexe) témoignent d’hypothèses de mortalité convergentes entre les deux institutions, toutes deux basées sur une poursuite de l’allongement tendanciel de l’espérance de vie. Le STATEC projette une progression légèrement plus rapide, ce qui se traduit par une espérance de vie un peu plus élevée à long terme.
Graphique 5 : Pyramide des âges
Sources : STATEC, Eurostat
Un vieillissement inévitable, mais atténué par l’immigration
Les pyramides des âges illustrent une transformation structurelle profonde de la population luxembourgeoise. En 2025, la structure est relativement équilibrée, reflétant les apports migratoires des décennies passées, avec une prédominance des tranches d’âge actives (25–60 ans). En 2070, les deux projections (STATEC et EUROSTAT) s’accordent sur un vieillissement marqué de la population : la part des 65 ans et plus augmenterait significativement, l’âge moyen passant d’environ 40 ans aujourd’hui à près de 46–48 ans en 2070. Ce vieillissement est toutefois plus prononcé dans la projection EUROSTAT, où le solde migratoire plus faible en fin de période limite l’apport de travailleurs jeunes. Les scénarios du STATEC à forte productivité (scénarios 3 et 4) maintiennent une structure par âge légèrement plus favorable grâce à une immigration plus soutenue.
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